Comme (Saül) était en chemin, alors qu’il approchait de Damas, une lumière qui venait du ciel resplendit soudain
autour de lui. Il tomba à terre et entendit une voix qui lui disait : « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? »
Actes des Apôtres, 9-3
En ce jour anniversaire du traité de Bratislava, il est temps de dresser un bilan de cette première décennie d’après-guerre. N’ayons pas peur des évidences : le constat n’est pas brillant. Nos gouvernants jurent pourtant que l’Europe est sortie victorieuse de ce qu’on a un temps appelé le « choc des civilisations ». Disons plutôt que nous avons remporté une victoire à la Pyrrhus. Trente millions de morts, une économie en ruine, des villes en partie détruites, les réseaux électriques, téléphoniques, gaziers, démantelés, une soudaine accélération des délocalisations, une protection sociale en lambeaux, une pauvreté galopante, une prolifération des seigneurs de guerre et des armées privées, un abandon dramatique de nos institutions politiques, peut-on raisonnablement parler de victoire ?
Jules-Jean Jacquin
La Nouvelle Europe Libre